La retraite progressive à 60 ans devient accessible en 2026 grâce au décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025, entré en vigueur le 1er septembre 2025. Ce dispositif permet aux salariés de réduire leur activité entre 40 et 80 % tout en percevant une fraction de leur pension de retraite. Une souplesse nouvelle pour les seniors qui souhaitent aménager leur fin de carrière sans attendre l’âge légal de départ.
Dans ce guide, découvrez les conditions d’accès à la retraite progressive dès 60 ans, la procédure à suivre pour les salariés et les employeurs, l’impact sur la paie et les cotisations, ainsi que les particularités liées à la suspension de la réforme des retraites par la LFSS 2026.
#Qu’est-ce que la retraite progressive ?
La retraite progressive est un dispositif qui permet à un salarié, un fonctionnaire ou un travailleur indépendant de réduire son temps de travail avant l’âge légal de départ en retraite, tout en touchant une partie de sa pension de base et de sa pension complémentaire.
Concrètement, le salarié :
- Conserve son contrat de travail en passant à temps partiel
- Perçoit une fraction de sa pension complétant sa rémunération d’activité
- Continue à cotiser et à acquérir des droits à la retraite
Ce dispositif, prévu par les articles L161-22-1-5 à L161-22-1-9 du Code de la sécurité sociale, existe depuis plusieurs années, mais son accès a longtemps été limité à 62 ans. L’abaissement à 60 ans constitue l’évolution majeure de 2026.
#L’abaissement de l’âge : décret 2025-681
#Entrée en vigueur au 1er septembre 2025
Le décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025, publié au Journal officiel du 23 juillet 2025, abaisse l’âge d’accès à la retraite progressive de 62 à 60 ans. Cette mesure est entrée en vigueur au 1er septembre 2025 et produit ses pleins effets en 2026.
#Objectif de la mesure
L’abaissement vise plusieurs objectifs :
- Fluidifier les fins de carrière des seniors
- Maintenir l’emploi des salariés âgés en évitant les ruptures brutales
- Répondre à la suspension du calendrier de relèvement de l’âge légal
- Faciliter la transmission des compétences vers les plus jeunes
Cette mesure s’inscrit dans la même logique que le CDI de valorisation de l’expérience senior, dispositif complémentaire créé en 2026.
#Conditions d’accès à la retraite progressive en 2026
Pour bénéficier de la retraite progressive dès 60 ans, le salarié doit remplir trois conditions cumulatives :
#1. L’âge minimum de 60 ans
Depuis le 1er septembre 2025, l’âge minimum d’accès est fixé à 60 ans, contre 62 ans auparavant. Cette condition s’applique à toutes les générations concernées.
#2. Une durée d’assurance de 150 trimestres
Le salarié doit justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance validés tous régimes de retraite obligatoires confondus. Ce seuil n’a pas été modifié par le décret.
Les trimestres pris en compte incluent :
- Les trimestres cotisés (salariat, indépendant, fonction publique)
- Les trimestres assimilés (chômage, maladie, maternité)
- Les trimestres majorés (enfants, pénibilité)
- Les trimestres rachetés
#3. Un temps partiel entre 40 et 80 %
Le salarié doit réduire sa durée de travail et exercer son activité entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle.
| Temps plein | Minimum (40%) | Maximum (80%) |
|---|---|---|
| 35 h/semaine | 14 h/semaine | 28 h/semaine |
| 151,67 h/mois | 60,67 h/mois | 121,34 h/mois |
| 1 607 h/an | 642,8 h/an | 1 285,6 h/an |
Pour les salariés au forfait jours, des règles spécifiques s’appliquent.
#Calcul de la fraction de pension
La fraction de pension versée dépend du taux de réduction d’activité. Elle est calculée en fonction de la différence entre le temps plein (100 %) et le temps partiel effectif.
Formule : Fraction de pension = 100 % – durée du travail (en %)
#Exemples concrets
| Temps de travail | Fraction de pension versée |
|---|---|
| 40 % | 60 % de la pension |
| 50 % | 50 % de la pension |
| 60 % | 40 % de la pension |
| 70 % | 30 % de la pension |
| 80 % | 20 % de la pension |
Cette fraction concerne à la fois la pension de base (régime général) et la pension complémentaire (AGIRC-ARRCO pour le privé).
Pour estimer votre rémunération globale avec retraite progressive, vous pouvez utiliser le simulateur de calcul-salaire-brut-net.com.
#Public éligible
La retraite progressive à 60 ans est ouverte aux trois grandes catégories de travailleurs :
#Salariés du secteur privé
Tous les salariés (CDI, CDD) affiliés au régime général de la sécurité sociale peuvent en bénéficier, sous réserve :
- De l’accord de leur employeur sur le passage à temps partiel
- Du respect de la durée minimale d’activité (40 %)
#Fonctionnaires
Les agents titulaires des trois fonctions publiques (État, territoriale, hospitalière) sont désormais éligibles, contrairement à la situation antérieure où le dispositif leur était fermé.
#Travailleurs indépendants
Les artisans, commerçants, professions libérales et auto-entrepreneurs peuvent également en bénéficier, avec des modalités de réduction d’activité adaptées à leur statut.
Note : Les salariés en forfait jours doivent conclure un avenant spécifique pour passer sous un forfait réduit entre 40 et 80 % de la durée conventionnelle.
#Impact de la LFSS 2026 sur la retraite progressive
#La suspension de la réforme des retraites
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a suspendu jusqu’au 1er janvier 2028 le calendrier de relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite. Concrètement :
- L’âge légal reste gelé à 62 ans et 9 mois pour les générations 1964 à 1968
- Les règles de la réforme 2023 ne s’appliqueront qu’aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026
#La retraite progressive non impactée
Bonne nouvelle : la retraite progressive à 60 ans n’est pas affectée par la suspension. Le décret 2025-681 continue de produire ses effets, et les salariés peuvent toujours entrer en retraite progressive dès 60 ans.
Seule la date de liquidation définitive de la retraite peut être décalée selon la génération du salarié.
#Procédure pour le salarié et l’employeur
#Étape 1 : Demande du salarié
Le salarié doit adresser à son employeur une demande écrite précisant :
- Sa volonté de bénéficier de la retraite progressive
- La réduction de temps de travail souhaitée (entre 40 et 80 %)
- La date de début envisagée (préavis de 2 mois minimum recommandé)
#Étape 2 : Réponse de l’employeur
L’employeur dispose d’un délai de 2 mois pour répondre. Son silence vaut acceptation. Il peut refuser uniquement en cas d’incompatibilité avec :
- L’activité économique de l’entreprise
- L’organisation du service
Le refus doit être motivé par écrit. À défaut, il est réputé abusif.
#Étape 3 : Avenant au contrat de travail
En cas d’accord, un avenant au contrat doit formaliser :
- La nouvelle durée de travail
- La rémunération correspondante
- La répartition des horaires
- La date d’effet
#Étape 4 : Demande auprès de la caisse de retraite
Parallèlement, le salarié dépose une demande auprès de sa caisse de retraite (CARSAT pour le régime général) avec les pièces justificatives :
- Attestation employeur du passage à temps partiel
- Avenant au contrat
- Justificatifs de durée d’assurance
#Impact paie et cotisations
#Rémunération d’activité
Le salarié perçoit un salaire proportionnel à son temps de travail. Par exemple, pour un salarié à temps plein rémunéré 3 000 € brut/mois passant à 60 % :
- Salaire brut activité : 1 800 €/mois (60 %)
- Fraction de pension : 40 % de la pension estimée
#Cotisations sociales
Les cotisations sociales (salariales et patronales) continuent d’être prélevées sur la rémunération d’activité uniquement. La fraction de pension n’est pas soumise à cotisations mais reste soumise à :
- CSG (taux selon revenus fiscaux)
- CRDS (0,5 %)
- CASA (0,3 %)
#Maintien des cotisations au taux plein (option)
Le salarié peut demander à maintenir ses cotisations retraite au taux plein (comme s’il travaillait à temps complet), afin de ne pas pénaliser sa pension future. Cette option nécessite :
- Un accord écrit entre salarié et employeur
- Une cotisation surcomplémentaire à la charge des deux parties
Cette surcotisation permet de valider 4 trimestres par an et d’acquérir des points AGIRC-ARRCO comme en temps plein.
#Impact sur le bulletin de paie
Le bulletin de paie mentionne uniquement la rémunération d’activité. La fraction de pension est versée séparément par la caisse de retraite. L’employeur doit veiller à :
- Ajuster le temps de travail mentionné
- Actualiser la base de calcul des cotisations
- Déclarer la nouvelle situation en DSN
Pour gérer facilement ces évolutions, QuickPaie Business propose un module dédié à la gestion des temps partiels et retraites progressives.
#FAQ : Questions fréquentes sur la retraite progressive
#À quel âge peut-on désormais accéder à la retraite progressive ?
Depuis le 1er septembre 2025, l’âge minimum est fixé à 60 ans, contre 62 ans auparavant (décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025).
#L’employeur peut-il refuser une demande de retraite progressive ?
Oui, mais uniquement pour un motif tiré de l’activité économique ou de l’organisation de l’entreprise. Le refus doit être motivé par écrit. À défaut, il peut être contesté devant le Conseil de prud’hommes.
#Peut-on cumuler retraite progressive et activité dans une autre entreprise ?
Non. Le dispositif concerne une seule activité. Le salarié doit réduire son temps de travail chez son employeur principal et ne peut exercer d’activité salariée parallèle sans perdre le bénéfice de la retraite progressive.
#Que se passe-t-il à la liquidation définitive de la retraite ?
Lors du départ définitif à la retraite, la pension est recalculée en tenant compte des trimestres et points acquis pendant la période de retraite progressive. Les cotisations versées durant cette période améliorent le montant final de la pension.
#La retraite progressive est-elle compatible avec le forfait jours ?
Oui, mais il faut conclure un avenant spécifique établissant un forfait jours réduit entre 40 et 80 % du forfait initial. La négociation avec l’employeur est alors essentielle.
#Combien coûte la surcotisation pour maintenir les cotisations à taux plein ?
La surcotisation correspond à la part des cotisations non prélevées sur la fraction d’activité supprimée. Elle est répartie selon les règles classiques (environ 60 % employeur / 40 % salarié) et fait l’objet d’un accord écrit.
#Conclusion
L’abaissement de la retraite progressive à 60 ans en 2026 constitue une réforme majeure pour les seniors du secteur privé et public. Ce dispositif offre une transition douce vers la retraite définitive, tout en permettant aux entreprises de conserver leurs salariés expérimentés plus longtemps.
Pour les employeurs, la mise en place d’un processus clair de demande et d’avenant contractuel est essentielle. Une bonne articulation avec les dispositifs existants – malus seniors, CDI valorisation expérience – permet de construire une politique seniors cohérente et conforme.
Pour simplifier la gestion de vos temps partiels et de vos retraites progressives, QuickPaie Business vous accompagne avec un paramétrage adapté et une intégration automatique en DSN.